Comblement de fosses d'extraction

L'exploitation de tourbe s'est pratiquée de façon quasi exclusivement artisanale dans le massif jurassien français. Lorsque l’eau de la fosse ne pouvait être retenue, cette exploitation a fortement perturbé l’hydrologie de la tourbière. De ce fait, au sein de ces zones d’extraction se sont développés des groupements de dégradation non turfigènes, relativement banals, tandis que le reste de la tourbière souffrait d’assèchement. Il est donc nécessaire de réhabiliter là où cela est possible les zones d'extraction dégradées et de recréer les conditions favorables à l'installation de communautés végétales productrices de tourbe (le plus souvent à base de sphaignes). Le comblement total des fosses d’extraction étant inenvisageable, une solution consiste à retenir l’eau dans les fosses d’extraction.

 

Techniques

Ces travaux de réhabilitation consistent à créer un ou plusieurs barrages afin de retenir l'eau au sein des fosses ou plus généralement de toute zone d'extraction le permettant.

La nature de l'ouvrage est adaptée aux dimensions de la fosse et à la hauteur d'eau à retenir.

Afin de limiter les variations de niveau d'eau et d'éviter le sapement de l'ouvrage (érosion induisant des fuites), un système de trop-plein doit être installé au sein du barrage. Ce trop-plein peut être une simple surverse (résistante à l'érosion), ou intégré à l'ouvrage (tuyau coudé par exemple). Dans certains cas, il pourra être intéressant que ce trop-plein soit réglable afin d'ajuster le niveau d'eau.

La création de ces barrages peut également être accompagnée des opérations suivantes : coupe de ligneux, décapage et terrassement de tourbe, végétalisation de la fosse, etc.

 

Conséquences

Le rehaussement du niveau de l’eau dans la fosse permet rapidement la colonisation par les sphaignes. Le retour vers les habitats du haut-marais actif est alors amorcé.

La réhabilitation de ces zones permet également d’impacter positivement les autres habitats de la tourbière situés en périphérie.